Auteurs & traducteurs
Anne-Marie ALBIACH
Née à Saint-Nazaire en 1937, Anne-Marie Albiach publie ses premiers textes à la fin des années 1960, autour de la revue « Siècle à mains » qu’elle anime avec Claude Royet-Journoud et Michel Couturier. État parait au Mercure de France en 1971 et la décennie suivante est marquée par une intense activité créatrice. Elle publie Mezza voce en 1984 chez Flammarion, Anawratha (un ensemble de textes critiques) aux Éditions Spectres Familiers en 1984, (réédition : Al Dante, 2006). « Figure vocative », aux éditions Lettre de casse 1985 (rééditions : Fourbis, 1991 ; Al Dante 2006). Figurations de l’image, Flammarion, 2004. Celui des lames Éric Pesty éditeur, 2013.
Cinq le Chœur qui réunit ses œuvres de 1966 à 2012 paraît en 2014 chez Flammarion.
Paraît à titre posthume, La Mezzanine, le dernier récit de Catarina Quia , Édition établie par Marie-louise Chapelle et Claude Royet-Journoud avec une préface de Jacques Roubaud aux Éditions du Seuil, La librairie de XXI siècle, 2019.
Elle a par ailleurs réalisé un livre, L’EXCÈS : cette mesure avec l’artiste américain Richard Tuttle publié par la galerie Yvon Lambert.
Grande figure de la poésie contemporaine française, Anne-Marie Albiach a construit une œuvre essentielle traduite dans vingt langues. Avec État , elle a « chang[é] le visage de la poésie » selon les mots de Claude Royet-Journoud. Si son écriture peut paraître abstraite, c’est parce que « toutes les évidences lui sont mystère » (État) parce que la poésie d’Anne-Marie Albiach veut coïncider avec l’évidence. Lorsque Anne-Marie Albiach évoque le lyrisme
de son écriture, elle parle d’un « lyrisme cadenassé [1]».
Son œuvre conteste le lyrisme, le tient à distance, et il est inévitablement présent pour être accusé, elle revendique « un lyrisme contrôlé, entre guillemets, en italique, avec les blancs. [2]»
Pour présenter un extrait de « Figure vocative » dans son anthologie Tout le monde se ressemble, Emmanuel Hocquard écrivait : « sous l’apparence abstraite et tranchante des énoncés, monte de cette partition de mots, de phrases, de blocs et d’espaces une polyphonie d’intonations qui vont de l’austérité à la sensualité extrême. [3]»
Comme l’écrivent Anne-Christine Royère et Serge Linarès dans la revue Europe qui consacre un dossier à Anne-Marie Albiach enmars 2024 : « La poésie d’Anne-Marie Albiach ne renonce pas au chant, mais son chant se veut pluriel et « graphique [4]». Ce chant n’est pas réductible à l’unicité d’une instance parlante, à un foyer lyrique sans disparité ni scission ; et il s’incarne paradoxalement dans une vocalité typographique. [5]»
Elle a aussi traduit le poète objectiviste américain Louis Zukofsky qui aura beaucoup influencé les poètes dont Anne-Marie Albiach était proche.
[1] Francis Cohen, Conversations avec Anne-Marie Albiach dans l’escalier,Éric Pesty éditeur, 2023, p. 101.
[2] Jean Daive, Anne-Marie Albiach, L’exact réel, Éric Pesty éditeur, 2006, p.51.
[3] Emmanuel Hocquard, Tout le monde se ressemble, Une anthologie de la poésie contemporaine, P.O.L, 1995, p.35.
[4] Ibid, p.49.
[5] Anne-Christine Royère, Serge Linarès, Anne-Marie Albiach/ Louis Zukofsky, Europe, mars 2024, n°1139, p.7.
Bettie I. ALFRED
Né en 1972 à Mayence, vit à Berlin depuis 1982. Auteure de prose, de poésie et de pièces radiophoniques dont elle est à la fois réalisatrice, productrice et speaker. Premières apparitions sur les scènes de lecture berlinoises dans les années 2000. En 2023, son recueil de textes courts, Sehnsucht-Einseitiges, est publié comme livre. Son œuvre se caractérise par un univers émotionnel plutôt ambigu et donc tragi-comique. Selon ses propres dires, il est « important de reconnaître les côtés sombres de la vie (...) Le mutisme entre les lignes l'intéresse plus que tous les faits réels rassemblés ». Elle y parvient de manière si décalée et humoristique que sa pièce radiophonique Zauderwut (RBB 2020) qu'elle a elle-même produite dans son « studio balcon », a été nommée pièce radiophonique du mois. Elle travaille actuellement sous différents titres sur son premier roman.
Erich AHRENDT
Né en 1903 à Neuruppin (Brandebourg), poète et traducteur de Neruda et des langues hispanophones, décédé en 1984 à Wilhelmshorst (RDA). Fils d'un concierge et d'une blanchisseuse. Adelescet, il fréquente les artistes de la colonie artistique de Gildenhall. Après le baccalauréat jusqu'en 1923 formation d'instituiteur au séminaire de Neuruppin. Travaille comme peintre de théâtre, Tailleur de drapeaux, employé de banque et journaliste. Voyages à travers l'Allemagne, la Suisse et l'Espagne. 1925 : premières poésies publiées dans la revue expressionniste « Der Sturm » de Herwarth Walden. 1926 : adhésion au KPD (Parti communiste allemand), 1928 : adhésion à l'Union des écrivains prolétariens révolutionnaires (BPRS). Amitié avec le poète Johannes R. Becher. De 1928 à 1933, enseignant à l'école réformatrice Karl-Marx-Schule à Berlin-Neukölln. En 1933, émigre en Suisse. De 1934 à 1936, réside à Majorque, précepteur. Après le putsch de Franco, fuit vers le continent, traducteur pour le service d'information allemand des Brigades internationales, à partir de 1937, participe aux combats. En 1939, il s'installe en France, où il est interné dans différents camps. En 1941, il fuit Paris via Marseille pour la Colombie où il mène des activités politiques. En 1950, il s'installe en RDA où il devient écrivain indépendant. Son adhésion au SED lui est refusée et il est surveillé par la Stasi. Participation à des cercles socialistes réformateurs, préparation d'une anthologie de poésie expressionniste, interdite par la censure. 1976 : signature de la protestation contre l'expulsion du chansonnier Wolf Biermann. Retraite dans sa maison de Hiddensee après l'interdiction d'un vpoyage au Brésil. À l'âge de la retraite, nouvelles tournées de lectures, notamment en Allemagne de l'Ouest, en France et en Grèce.
Manfred Schlösser, directeur de l'édition critique complète, décrit sa poétique comme « le déchaînement de l'imagination associative, la transposition visuelle d'idées rythmiques et musicales, l'idée de fragmentation, de destruction d'images cohérentes ou de structures de phrases, de lignes, voire de mots, la mise en avant absolue du mot isolé ».
Pour sa biographie, voir également www.bundesstiftung-aufarbeitung.de/erich-arendt et wikipedia/Erich_Arendt
Erich Ahrendt, traducteur important de Pablo Neruda et de la littérature hispanophone : uelex.de/uebersetzer/arendt-erich
Amineh ARANI
Scénariste, né en 1990 à Téhéran. Étudesdle théâtre, diplôme de réalisation de l'Association des jeunes cinéastes en 2017 et maîtrise en mise en scène de théâtre de l'Université des arts et de l'architecture de Téhéran en 2019. Sujet de sa thèse : Sémiotique des œuvres minimalistes françaises contemporaines. En tant qu'actrice, elle a joué au Festival international de théâtre de Téhéran, a reçu des prix au Festival international de théâtre universitaire et a remporté des prix d'interprétation au One-Act Play Festival et au Basirt Theatre Festival. Elle produit elle-même des documentaires et des films expérimentaux, écrit des scénarios pour courts métrages qui furent présentés dans de nombreux festivals internationaux et a été co-auteure du lauréat de l'Ours de cristal à la Berlinale 2023. En tant que chargée de cours en théâtre créatif, elle a travaillé avec des enfants et adolescants. Elle a joué dans le film iranien de Mohammad Rasoulof « Graine du figuier sacré », qui a remporté le prix spécial du jury au Festival de Cannes 2024, et n'est pas retournée dans sa ville natale de Téhéran en raison des menaces du régime des mollahs. Elle vit actuellement à Marseille.
Samuel BECKETT
Né le Vendredi Saint 13 avril 1906 à Dublin, décédé en 1989 à Paris. Écrivain irlandais écrivit en anglais et français. Considéré comme l’un des auteurs les plus importants du XXe siècle, il reçut le prix Nobel de littérature en 1969. Ses œuvres majeurs sont probablement les romans Murphy (1938), Molloy et Malone meurt (1948, publié en 1951) et la pièce En attendant Godot (1948). - Depuis le 100e anniversaire de Beckett en 2006, Leopold v. Verschuer lit chaque année, le 13 avril, sa nouvelle Premier amour, pendant que le violoncelliste néo-dadaïste Bo Wiget joue en rugissant du violoncelle ou fait autres choses. - Le reste une autre fois.
Marcel BEYER
Né en 1965 à Tailfingen, dans le Bade-Wurtemberg, il est avant tout poète et essayiste, mais aussi romancier. D'abord fortement influencé par Friederike Mayröcker et les auteurs du Nouveau Roman français, il aborde régulièrement l'histoire allemande, en particulier la période du national-socialisme. En 2016, il reçut le prix Georg Büchner. Dans son hommage, l'Académie allemande de langue et de poésie déclare : « Ses textes sont audacieux et délicats, riches en connaissances et incorruptibles [et nous permettent] (...) de voir le monde à la fois merveilleusement familier et irisé de nouveauté. » Depuis 1996, Marcel Beyer vit à Dresde en Saxe.
Publié en francais: « Flughunde » (1997) traduit par François Mathieu) et les romans « Kaltenburg » (2010) et « Secrets » (2018). tous deux traduits par Cécile Wajsbrot aux Éditions Métailié.
David BONNAND
Né en 1983, il a grandi près de Saint-Étienne et à Rennes. Libraire depuis un peu plus de quinze ans, il cite Yves di Manno et ses Objets d’Amérique, George Oppen, Emmanuel Hocquard et Cesare Pavese comme les jalons de son « histoire intime » poétique, des lectures qui l'amènent à s'interroger sur son rapport à la langue et à l'art du montage, des textes qui éclairent la discipline sensible de la traduction comme « fenêtre sur les mécanismes de l'écriture ». Depuis juillet 2015, il travaille à la librairie L'Arbre du voyageur dans le 5e arrondissement de Paris. En 2019, il a fondé avec Alyson Onana Zobo la revue chiche consacrée au texte, au dessin et à la photographie. Des extraits de son travail actuel intitulé 42800 (détails) ont été publiés dans les revues Nux Vomica et Po&sie.
Jean-François BORY
Né à Paris en 1938, il a passé son enfance jusqu'à l'âge de 18 ans au Vietnam. Il a travaillé à l’Agence France-Presse, ainsi que dans un cabinet ministériel. En 1972 il cesse d'avoir une activité salariée. Les activités de Jean-François Bory sont multiples : création littéraire, typoèmes (poèmes visuels), lectures performances, objets-livres, arts plastiques, photographie, photomontage, cinéma, édition de revues d’avant-garde et de livres. Il a traduit des extraits du Nocturne de D'Annunzio. Il réalise ses premières expositions de poésie concrète ou visuelle en 1966 à Londres, à la galerie Number Ten, ainsi qu’à Milan et à Venise. Il participe à la Biennale de Paris en 1967 avec des objets-poèmes et des lettres géantes en polystyrène, ainsi qu'au festival de poésie sonore Text un Ackitionsabend II à Berne en 1968. En 1967, il collabore avec Jochen Gerz dans Agentzia, au départ une agence d'art. La même année, il tourne le film Saga, où il tente de représenter qu'un langage avec des lettres en trois dimensions. Jean-François Bory a publié une cinquantaine de textes et livres, mais aussi exposé à la Villa Tamaris en 2007, à la Biennale de Paris, à la Biennale de Venise et une exposition au Stedelijk Museum sur la poésie concrète. Il vit à Paris.(source: wikipédia)
Hannah K BRÜNDL
geb. 1996, ist Autorin an der Schnittstelle von Lyrik, Drama und experimentellen Formen.
Sie studierte Germanistik u. Komparatistik an der Universität Wien, Sprachkunst an der Universität für angewandte Kunst. 2020 entstand das im Kollektiv geschriebene und selbst produzierte Hörspiel »es gibt diese namen/es gibt diese wut« über Sexismen im Literaturbetrieb und wurde im SRF2 und Deutschlandfunk Kultur gesendet. 2023 erschien ihr Lyrikdebüt mit dem Titel »Mother_s« bei roughbooks/Urs Engeler Verlag, für das sie 2024 den Feldkircher Lyrikpreis erhielt (ex aequo mit Johanna Hansen).
John CAGE
Né en 1912 à Los Angeles, décédé en 1992 à New York. Artiste américain considéré comme l'un des compositeurs les plus influents du XXe siècle, ainsi qu'une figure clé du mouvement Happening qui a émergé à la fin des années 1950 et fut une inspiration importante pour le mouvement Fluxus et la nouvelle musique d'improvisation. Ses textes littéraires paraissent à partir de 1961 et portent des titres tels que Silence, Conférence sur le néant (traduit en allemand par Ernst Jandl), Mots vides ou Esprits vides. Il aimait aussi les champignons. - Bon, ça suffit.
Lenaïg CARIOU
est poète, traductrice et critique. En tant que poète, elle a publié À main levée (LansKine) et La poésie n’est pas une bonne fille (Le Coin de la rue de l’Enfer, avec Liliane Giraudon et Maxime Hortense Pascal) ; son troisième ouvrage, les dires (P.O.L.), est à paraître. Avec le collectif Limited Connection, elle traduit de la poésie nord-américaine vers le français et vice versa. Son travail critique porte sur la poésie contemporaine française et américaine ; elle est doctorante à l'Université Paris 8 / Université Paris Cité et a reçu le Prix des jeunes chercheurs de la Fondation des Treilles pour ses recherches actuelles sur la poésie.
Emilien CHESNOT
Né en 1991 à Rennes, vit et écrit à Mulhouse. Il a publié Fentanyl flowers aux éditions Théâtre Typographique en 2022, lem ouch dans la collection de suppléments à la revue niqui causse en 2023, et Poussière, Piano, Parquet dans la collection "Dire je est une solidarité" en 2025. À paraître en été 2025 au Théâtre Typographique : ZA dont nous pré-publions une page en traduction allemande dans UNBUREAU SUR LE RHIN - EIN BÜRO AUF DEM RHEIN.
Francis COHEN
Né en 1960 à Paris, poète, essayiste et revuiste. Dernières parutions en 2024: Conversations avec Anne-Marie Albiach dans l'escalier et État, une politique de l'imprononçable, ainsi que. en 2025, son 7ème livre de poésie: Name, aux Éditions Furor à Genève. Ensemble avec Leopold von Verschuer, il dirige, à partir de mai 2025, la feuille volante poétique Ein Büro auf dem Rhein - Un bureau sur le Rhin.
Danielle COLLOBERT
Née en 1940 à Rostrenen (Bretagne), décédée en 1978 à Paris. Élevée chez sa grand-mère pendant la Seconde Guerre mondiale, elle déménage à Paris avec ses parents en 1945, commence à écrire en 1956, abandonne ses études en 1961 et publie Chants de guerre, suivi en 1964 de Meurtre, seul ouvrage traduit en allemand. Le rejet de toute forme d'oppression marque sa vie, elle s'engage dans le Front de libération nationale algérien (FLN). En raison de ses activités politiques, elle doit quitter la France et travaille en Italie pour le magazine Révolution africaine. En mai 1968, elle devient membre de l'Union des écrivains, organisation à tendance socialiste, et assiste à l'occupation de la Tchécoslovaquie par les chars soviétiques. Après de nombreux voyages à travers le monde, elle se suicide le lendemain de son 38e anniversaire. En 2004/2005, ses œuvres complètes sont publiées chez P.O.L, Paris.
Jean DAIVE
Né en 1941 à Bonsecours en Wallonie (Belgique), il est considéré comme l'un des grands auteurs contemporains français. Poète et romancier, il a également été l'un des premiers traducteurs français des poèmes de Paul Celan qui a lui-même traduit en allemand le premier recueil de poèmes de Daive, « Decimale blanche ». Après avoir été encyclopédiste dix-sept années durant, il signa diverses émissions radiophoniques sur France Culture de 1975 à 2009. Il dirige actuellement la revue littéraire K.O.S.H.K.O.N.O.N.G. fondée en 2012 par Éric Pesty Éditeur. Ont été publiés en allemand : W. Erzählung des Gleichgewichts (Narration d'équilibre), traduction en allemand et postface de Werner Hamacher, et Unter der Kuppel. Erinnerungen an Paul Celan (Sous la coupole. Souvenirs de Paul Celan), trad. en allemand par Anke Baumgartner, tous deux chez Urs Engeler Editor, Bâle 2008 et 2009.
Christoph DANNE
Né en 1976 à Bonn, il étudia la langue allemande et la littérature à Salamanque, Berlin et Cologne. Lauréat du prix postpoetry.NRW en 2014, bourse de travail du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie pour la littérature en 2019, bourse de la Fondation des arts de Rhénanie-du-Nord-Westphalie en 2024/25. Il organise pour les éditions ELIF le festival interdisciplinaire de poésie Satelliten et, avec la librairie Klaus Bittner de Cologne, le festival de poésie Anderland. Il est cofondateur des éditions tauland-verlag. Ses textes ont été traduits en arabe, turc, espagnol et catalan. Avec le groupe OPOLE, il a sorti en 2025 l'album « Was unterwegs verschwand » (Ce qui a disparu en chemin). À ce jour, il a publié dix recueils de poésie, dont les plus récents sont « Gute Neuigkeiten » (Bonnes nouvelles) aux éditions virgines en 2023 et « Firnis & Revolte » (Vernis & Révolte) à la Corvinus Presse en 2024. Christoph Danne vit à Cologne.
Jennifer DE NEGRI
Jennifer de Negri publie des poèmes et des textes en prose. En 2025, son recueil de poèmes reise nach BABYlon (voyage à BABYlon) parut aux éditions Parasitenpresse à Cologne, suivi en 2021 de son premier recueil de poèmes Triebe klimatischer Verhältnisse (pousses de rapports climatiques) aux éditions Sukultur. Elle étudia la mise en scène de théâtre et suivit un troisième cycle en écriture littéraire à la KHM/Kunsthochschule für Medien Köln (École supérieure des arts médiatiques de Cologne).
En 2024, elle remporta le prix Irseer Pegasus. Elle reçut d'autres prix et bourses, notamment la bourse de travail INITIAL de l'Académie des arts, et fut finaliste de l'Open Mike et du Literarischer März. En 2023, elle fut écrivaine en résidence au Center for Literature Münster. Publications dans des revues littéraires et des anthologies.
Jennifer de Negri est co-initiatrice de la série de lectures queer-féministes [OHNE PRONOMEN], notamment au musée Ludwig et au musée Kolumba à Cologne.
Suzanne DOPPELT
Née en 1956, est écrivaine, poète, photographe et éditrice. Elle est la fondatrice et directrice, en collaboration avec Pierre Alferi, de la revue littéraire Détail. Elle a été membre de la rédaction de la revue Vacarme. Elle a dirigé la collection « Le rayon des curiosités », aux éditions Bayard. De 2012 à 2013, elle est la rédactrice des articles de la rubrique "Petite encyclopédie arbitraire" pour la revue L'impossible de Michel Butel. En tant que photographe elle a exposé au Centre méditerranéen de la photographie (Bastia), à la galerie Pennings (Hollande), à l'Institut français de Naples, à la Fondation Royaumont, au Centre Georges-Pompidou, à la Galerie Pierre Brullé, à la NYU à New-York, au Cabinet d'art graphique au Louvre, à la Brown university, Providence, pour n'en citer que quelques uns.
Jacques DUPIN
Né en 1927 à Privas, décédé en 2012 à Paris, il était poète, essayiste et critique d'art renommé. Après son baccalauréat, il part en 1944 pour Paris où il étudie le droit, l'histoire de l'art et les sciences politiques, il découvre la poésie contemporaine et le surréalisme, lit Kafka, Blanchot et Faulkner, rencontre René Char qui écrira la préface de la première publication de Dupin en 1950, Cendrier du voyage. Très tôt attendu comme le successeur de Char, il prend le contre-pied de celui-ci en imposant, de livre en livre, une écriture atypique, souvent en ruptures. Les textes de Dupin ont suscité l'admiration d'auteurs et d'artistes tels Antoni Tàpies, Paul Auster traduisit ses poèmes en anglais. Dupin a travaillé pour de nombreuses galeries d'art moderne, notamment la Fondation Maeght. Il connut Alberto Giacometti et Joan Miró, dont il a écrit les biographies. En 1988, il reçut le Prix national de poésie. En 2009, la Fundació Joan Miró de Barcelone consacra à Dupin une exposition intitulée Miro – Dupin. Art i poesia.
Elke ERB
Née en 1938 à Scherbach (RFA) ; déménagement à Halle (RDA) en 1949, travail agricole en 1958/59, examen d'enseignante en 1963, travail dans l'édition en 1963/65. Depuis 1966, elle gagne sa vie en tant qu'écrivaine indépendante, rédige des nouvelles, des poèmes, des textes procéduraux, des traductions, des adaptations et des éditions. À partir de 1975, elle publie de nombreux livres en RDA et, de plus en plus, en RFA. Ses œuvres peuvent être interprétées comme une protestation contre l'écriture normalisée par l'État est-allemand. Elle reçut le prix Peter Huchel en 1988 pour son livre de poésie « Kastanienallee ». De nombreuses autres distinctions ont suivi, dont le plus prestigieux, le prix Georg Büchner, en 2020. Elke Erb est décédée le 22 janvier 2024 à Berlin. Son influence sur les jeunes poètes reste.
Christian FILIPS
Né en 1981 à Osthofen près de Worms, il étudia la philosophie, la germanistique et la musicologie à l'université de Vienne après avoir fréquenté une école européenne en Belgique. Son premier recueil de poèmes, Schluck auf Stein, lui valut en 2001 le prix Rimbaud décerné par la radio autrichienne. Ses premiers textes sont fortement influencés par le groupe de Vienne. En 2003, Filips rejoignit l'Université libre de Berlin, où il obtint son diplôme en 2008 avec un mémoire sur les derniers poèmes de Hölderlin. Il travailla de plus en plus comme dramaturge musical et traducteur, ainsi que comme directeur de programme pour la Sing-Akademie Berlin, puis à partir de 2010, également comme metteur en scène, notamment à la Volksbühne Berlin. De 2006 à 2014, il vécut en colocation avec la poétesse Elke Erb. Ses textes et traductions (principalement de l'anglais, de l'italien et du néerlandais : J.H. Prynne, P.P. Pasolini, Paul Bogaert, Els Moors) sont principalement publiés par la maison d'édition suisse Urs Engeler, avec laquelle il publie depuis 2010 les roughbooks, une série consacrée à la poésie contemporaine. En tandem et en collectif, et à l'aide de traductions interlinéaires, il traduit également des poèmes à partir de langues qu'il ne parle pas. En 2023, il a reçu le prix littéraire d'Erlangen pour la poésie en traduction et, en 2025, le prix de poésie du Mondseeland.
Roger GIROUX
Giroux (1925 - 1974) est poète et traducteur de littérature anglo-saxonne. À 20 ans, en 1945, il quitte Lyon pour Paris pour les études et devient l'ami d'Édouard Glissant. Il se considère un héritier lointain de Maurice Scève (1500-1560), il est un ami de Maurice Roche. Dès 1949 il commence à écrire des poésies et publie son premier recueil, Elements, en 1951. Son second livre, Retrouver la parole (1957), est explicite de sa recherche, au lendemain de la guerre, d'un langage nouveau, ou plutôt renouvelé des formes antiques et nobles de l'expression. Il s'agit de renaître poète dans un monde fracassé qui s'enfonce dans un verbalisme pire que la mort. Le chant qui s'élève ne peut être tout d'abord que timide, bref, éparpillé qui s'affermit peu a peu cependant, comme dans L'arbre et le temps (1963) qu'il publiera, au Mercure de France, et qui a parfois l'accent des béatitudes mystiques. Cette œuvre lui vaudra le prix Max Jacob. Roger Giroux à propos de son œuvre : « Désapprendre les mots, désentendre les bruits, se délivrer du livre à faire, se défaire de tout projet d'écrire, écrire seulement. (...) Ceci n'a pas de commencement, cela n'a pas de fin. »
Roger Giroux fut éditeur, auprès de Marcel Duhamel, de la Série noire. Il fut aussi l’un des grands traducteurs de la littérature anglo-saxonne, dont de nombreux romans de Lawrence Durrell, d’une partie importante de l’œuvre d’Henry Miller, Edna O’Brien, Jiddu Krishnamurti.
Wolfgang HILBIG
Né en 1941 à Meuselwitz (Thuringe), décédé en 2007 à Berlin. Après l'école et le service militaire, il travaille jusqu'en 1978 dans la mine de lignite près de Meuselwitz. En 1979, il devient écrivain indépendant et vit à Berlin-Est et Leipzig, puis en République fédérale ouest-allemande à partir de 1985, à Berlin après la réunification en 1990. Malgré une brève délégation par son entreprise en 1967 à Leipzig pour rejoindre le cercle des ouvriers écrivains et le soutien par l'écrivain Franz Führmann vers 1980, le « romantisme noir » de son écriture rencontre l'incompréhension en RDA. En 1979, son premier recueil de poésie, Absesenheit, est publié par l'édition ouest-allemande Fischer-Verlag, tout comme son premier roman, Eine Übertragung, en 1989. Hilbig est un auteur exceptionnel dont la poésie se réfère à la tradition moderne de Rimbaud et Mallarmé, à l'expressionnisme et au surréalisme, et dont la prose est issue de Kafka. Son thème reste « la double existence d'ouvrier et d'écrivain en RDA » (M.L. Bott, 2003) et « l'auto-habilitation et le développement d'un poète qui se libère de l'étroitesse du silence et s'aventure dans l'espace infini du langage poétique » (J. Hosemann, 2008). Son long poème Prose de ma rue natale est grandiose et parfois énigmatique. Il y décrit la révolution non violente qui a conduit à la chute du mur de Berlin en 1989 comme « des épiphanies de désespoir, des labyrinthes de torture, des ellipses saturniennes (...) avec une force presque vétérotestamentaire » (Peter Geist, 2002). Parmi les nombreuses récompenses, citons notamment le prix Ingeborg Bachmann en 1989 et le très mérité prix Goerg Büchner en 2002. Ce poète mérite d'être traduit dans de nombreuses langues !
Barbara HUNDEGGER
Née en 1963 à Hall/Tyrol, elle vit comme écrivaine indépendante à Innsbruck. Elle a étudié pendant plusieurs années la philologie allemande, la philosophie et les sciences théâtrales à Innsbruck et Vienne ; elle s'est engagée pendant de nombreuses années dans le mouvement féministe autonome ; elle a travaillé comme correctrice, lectrice et rédactrice ; elle est lectrice à l'Institut des Arts de la langue/Université des arts appliqués/Vienne. A reçu plusieurs distinctions, notamment le prix Reinhard Priessnitz (1999), le prix Christine Lavant de poésie (2003), le prix Outstanding Artist Award pour la littérature (2011), le prix Anton Wildgans (2014) et le prix régional du Tyrol pour l'art (2020). Nombreuses publications, dont « [anich.atmosphären.atlas] » en 2019, élu parmi les dix meilleurs recueils de poésie germanophones de 2020 par l'Académie allemande de langue et de poésie. En 2023 est paru le recueil de poésie « [in jeder zelle des körpers wohnt ein gedächtnis] ». L'art verbal de Hundegger : virtuose, sociopolitique, actuel.
Lisa JAMES
Geb. 1993, ist Medienkünstlerin und Autorin in Köln, wo sie postgradual an der KHM/Kunsthochschule für Medien studiert. Ihre transdisziplinären Arbeiten mit einem Fokus auf Text, Installation oder (Bewegt)Bild gehen häufig dem Verhältnis von Mensch und Natur nach.
Lyrik und Prosa von ihr erschienen in div. Literaturzeitschriften. Sie war Finalistin des 31. open mike am Haus für Poesie Berlin, und wurde 2023 vom Auftakt-Stipendium der Kunststiftung NRW gefördert. Ihre künstlerischen Arbeiten zeigte sie u.a. in der Temporary Gallery (Köln), im weltkunstzimmer (Düsseldorf), im gold+beton (Köln) oder westwerk (Hamburg).
Jacques JOUET
Adrian KASNITZ
Geb. 1974 in Orneta in den polnischen Masuren, studierte in Köln und Prag, schreibt Lyrik, Prosa, Essays und beschäftigt sich mit Photographie und Geschichte. Seine Gedichte, denen eine Laudatorin „säkular-nüchterne Romantik“ attestierte, sind in zahlreichen Literaturzeitschriften und Sammelbänden erschienen, seit 2000 auch in seinem eigenen Verlag Parasitenpresse, in dem mittlerweile über 150 Titel, vornehmlich junge europäische Lyrik und kürzere Prosa erschienen sind. 2024 wurde er für seine verlegerische Arbeit mit dem Deutschen Verlagspreises ausgezeichnet.
Dagmara KRAUS
Née en 1981 à Wrocław, en Pologne. Poète et traductrice allemande, elle étudia la littérature comparée et l'histoire de l'art à Leipzig, Berlin et Paris, ainsi que l'écriture littéraire à l'Institut allemand de littérature de Leipzig. Elle obtint son doctorat en littérature à l'Université libre de Berlin en 2019 et enseigna jusqu'en 2025 l'écriture littéraire à l'Université de Hildesheim. Depuis 2009, elle publie des recueils de poésie chez kookbooks, Urs Engeler, entre autres, ainsi que des traductions du polonais (Miron Białoszewski, Edward Stacgura, Joanna Mueller) et du français (Frédéric Forte). Son écriture ludique et critique caractérise son goût pour la forme et son esprit novateur. Elle recut pour cela le prix Oskar Pastior en 2025.
Thomas KLING
Né en 1957 à Bingen, il a vécu à Düsseldorf, Vienne, en Finlande, à Cologne et, depuis 1995, avec sa femme, la peintre Ute Laganky, dans l'ancienne base de lancement de fusées/fondation Ile de Hombroich où se trouve aujourd'hui son héritage littéraire dans les archives Thomas Kling. Il fait son entrée fracassante et sans compromis sur la scène littéraire au milieu des années 1980 avec ses « installations linguistiques ». Pour Thomas Kling, se produire devant un public était une « affaire de la plus haute importance » pour laquelle un bon éclairage, une table, une chaise, un micro et la lecture sont essentiels : « Pas de bafouillage, la didactique n'a pas sa place dans la poésie ni sur scène, pas d'exercices d'auto-exégèse, pas de pitreries (pas de performance). » En vingt ans, Kling a ainsi produit de nombreux livres dans lesquels, en tant qu'archéologue et ingénieur d'une statique du langage, il combine les différentes couches de la tradition, de l'expérimentation et de la modernité sous une forme jusqu'alors inédite ce qui a fait de lui, avec son œuvre inachevée, le « plus grand poète contemporain » allemand après 1990. Selon lui, le poème doit être un instrument de perception « qui sait rendre visibles et audibles les moindres mouvements sous-cutanés de la langue ». Thomas Kling est décédé le 1er avril 2005 d'un cancer du poumon. En 2020, ses œuvres complètes ont étés publiées en 4 volumes, sous la direction de Marcel Beyer, aux éditions Suhrkamp.
Barbara Maria KLOOS
Née en 1958 à Darmstadt, elle a la philologie allemande à Munich, a vécu et travaillé à Munich, New York, Helsinki et Jérusalem, et vie aujourd'hui comme écrivaine indépendante à Cologne. Elle fut rédactrice littéraire pour le magazine « Litfass » des éditions Piper, travailla comme lectrice à New York et fit partie jusqu'en 1996 du groupe féministe international d'auteures Unidentified Flying Women (UFO) qui se fit remarquer par ses apparitions publiques, et organisa le 1er Open Microphone de Cologne. Elle reçut le prix autrichien Christine-Lavant pour son livre de poèmes Fossile Infanten. Elle a notamment publié les recueils de poésie Solo (Piper, 1986), Die Tage waren wie Ballons (Schneekluth, 1991),Venussonde (Lyrikedition 2000, 2005) et Amorette am Schleifstein (Edition Hammer+ Veilchen, 2020).
Theresa LUSERKE
Theresa Luserke fit des études de philosophie et germanistique à Cologne, ainsi que d'écriture littéraire à l'Institut littéraire de Leipzig. Parallèlement, elle travailla pour les Archives numériques des femmes allemandes et les Archives lesbiennes Spinnboden de Berlin, où elle organisa pendant six ans un cercle de lecture féministe. En 2022, elle a fondé avec six autres poètes le collectif de poésie fährten. Depuis 2022, elle fait partie de la rédaction de la revue littéraire Edit. Ses textes en prose et ses poésies sont publiées notamment dans Das Narr, DAS GEDICHT et dans le Jahrbuch der Lyrik. En 2025, son premier recueil de poèmes « ist liegt hinterm haus » est paru dans la collection roughbooks des Éditions Urs Engeler.
Anne MALAPRADE
Née en 1972 à Paris où elle vit. Enseigne en classes préparatoires aux Grandes Écoles à Paris. A publié sur Catherine Pozzi et sur Bernard Noël. Tout a commencé avec Prétexte. Collabore régulièrement au Cahier Critique de Poésie et à Poezibao. Livres publiésaux Éditions Isabelle sauvage: Lettres au corps, 2014. Notre corps qui êtes en mots, 2016. Parole, Personne, 2018. Kryptadia, 2021, Épuiser le viol, 2025. Ainsi que L’Hypothèse Tanger, au Centre international de poésie en Méditerranée, 2017.
Ulrich MARX
Né en 1960 à Brühl près de Cologne. Acteur et auteur vivant à Cologne, écrit depuis 2015 des pièces pour le groupe de théâtre inclusif THEATERKÖNIG Köln, mais aussi un vaste corpus d'œuvres en prose et en poésie qu'il ne souhaite pas publier.
Friederike MAYRÖCKER
Né à Vienne en 1924, décédé en 2021. Considéré comme l'une des écrivaines contemporaines les plus importants du monde germanophone. Elle doit cette position principalement à sa poésie, mais a également connu du succès avec ses œuvres en prose et ses pièces radiophoniques. Elle en a écrit quatre avec Ernst Jandl avec qui elle a vécu de 1954 jusqu'à sa mort en 2000. « Je vis dans les images. Je vois tout en images, tout mon passé, les souvenirs sont des images. Je transforme les images en langage en m’immergeant complètement dans l’image. Je continue jusqu’à ce que cela devienne un langage." (2007 dans la revue du programme ORF)
Danielle MÈMOIRE
Née en 1947, a publié depuis 1984 25 livres. En 1999, avec son cinquième livre « Modèle réduit », elle inaugure le projet d'un corpus autour duquel s'articuleront désormais toutes ses publications suivantes. Le corpus est un texte qui précède tous les textes à venir, il est la fiction (du lecteur) d'un Ur-texte originel. Désormais, chaque livre de Danielle Mémoire condense et démultiplie cet Ur-texte supposé, ou plutôt ce prétendu pré-texte. Dans ce jeu abyssal, le lecteur se demande ce qu'il lit, ce qu'il a lu, il voudrait croire qu’il pourrait rassurer celui (celle) qui écrit pour se rassurer lui-même, mais les noms-dupes (lecteurs auteurs) errent dans ce corpus rêvé qui enveloppe les livres lus de Danielle Mémoire, qui sont justement en train de s’écrire dans les livres lus, tandis que le lecteur croit se rapprocher dans sa lecture du corpus entre les livres et commence à rêver qu'il est lui-même l'auteur de ce qu'il vient de lire ou va lire.
Inge MÜLLER
Née en 1925 à Berlin, décédée en 1966 à Berlin-Est. « La vérité, douce et insupportable » disait-elle dans son petit recueil de poèmes Wenn ich schon sterben muß (Si je dois mourir), publié en 1985, près de vingt ans après son suicide, en RDA. C'est ce recueil qui fit sa renommée. La culpabilité et la souffrance de la guerre et de l'après-guerre, ainsi que les espoirs déçus d'une « nouvelle ère » et d'un « homme nouveau » en RDA sont ses thèmes. Mariée trois fois, son 3ème mari fut le dramaturge Heiner Müller, ensemble avec lequel elle reçut le prix Heinrich Mann en 1959. Considérée comme une auteure de livres pour enfants et la collaboratrice de son mari, ses poèmes ne furent pas remarqués de son vivant, pas même par lui . Toutefois, l'exclusion de son mari de l'Union des écrivains et de la vie culturelle de la RDA en 1961 la frappa de plein fouet. Après plusieurs tentives de suicide elle mit fin à ses jours en 1966.
Bernard NOËL
Né en 1930 dans l’Aveyron, décédé en 2021 à Laon, les événements qui l’ont marqué sont ceux qui ont marqué sa génération : explosion de la première bombe atomique, découverte des camps d’extermination, guerre du Viêt-nam, découverte des crimes de Staline, guerre de Corée, guerre d’Algérie… Ces événements
portaient à croire qu’il n’y aurait plus d’avenir. D’où un long silence, comme authentifié par un seul livre, Extraits du corps, 1958.
Pourquoi je n’écris pas ? est la question sans réponse précise qui
équilibre cette autre : Pourquoi j’écris ? devenue son contraire depuis
1969. devenue son contraire depuis 1969. Cet équilibre exige que la vie, à son tour, demeure silencieuse sous l’écriture, autrement dit que la biographie s’arrête aux actes publics que sont les publications. (Editions P.O.L)
Valère NOVARINA
Né en 1942 près de Genève, auteur français de pièces dont l'ampleur, la richesse de personnages (2567 figures dans Le Drame de la vie ) et la variété des formes de langage dépassent les dimensions théâtrales habituelles et dont la seule action est celle de la langue elle-même. Depuis 1986, il les met régulièrement lui-même en scène au Festival d'Avignon et dans les grandes salles parisiennes, égtant depuis 2007au répertoire officiel de la Comédie Française. Ses œuvres sont publiées par la maison d'édition P.O.L. Les traductions allemandes (par L.v.Verschuer) ont été publiées chez Alexander Verlag et Matthes & Seitz Berlin ainsi que dans les anthologies Scène (Verlag der Autoren et Theater der Zeit) et dans la revue Theater der Zeit, ou sont disponibles sous forme de manuscrits chez Gustav Kiepenheuer Bühnenvertrieb.
(voir aussi ARTISTES)
Anne PARIAN
Née en 1964 à Marseille, est écrivaine, photographe et vidéaste. Elle vit à Paris. Auteure de douze livres, Parian utilise la poésie comme moyen d'explorer différents états artistiques, mêlant fiction, non-fiction et photographie. Dans son dernier ouvrage, Eva Eva Eva, elle aborde la domination, notamment masculine, et le consentement. Cette Eva et ses avatars renversent et bousculent les représentations entre les espèces et les genres. Car elle est aussi animale. Le livre se lit par moments comme un récit post-MeToo, en écho au monde de la poésie contemporaine française, qui n’a sans doute pas encore effectué sa propre introspection sur la violence qui y règne...
Anne PORTUGAL
Née en 1949 à Angers, elle quitte Nantes pour Paris en 1970. Elle commence à publier dans les années 1980 chez Gallimard, P.O.L et bien d’autres éditeurs. C'est dans son recueil Le Plus simple appareil (P.O.L, 1992) qu'apparaît, selon John C. Stout, vraiment sa réflexion sur le langage. Cet ouvrage est consacré au thème de Suzanne et les Vieillards, et sa représentation picturale. En automne 2017, un choix de poèmes paraît dans la revue allemande « Die Horen“ (62, 267) au sein du dossier Den gegenwärtigen Zustand der Dinge festhalten. Zeitgenössische Literatur aus Frankreich. Son dernier livres&lfie (P.O.L 2023) se présente comme une « Collection de poèmes de circonstance, sous forme de chromos fictifs, pensés comme des selfies. (…) Quelque chose du rapprochement syntaxique aura eu lieu, quelque chose de l’alliance aura filtré, quelque chose de la rencontre sera restitué. Ou comment aller vers de la figuration tout en versifiant l’abstraction. »
Marion POSCHMANN
Née en 1969 à Essen, est poète et auteure de prose. Elle vit à Berlin. Ses livres sont publiés depuis 2002 aux éditions Frankfurter Verlagsanstalt, puis dés 2010 aux éditions Suhrkamp. En 2023 parut Der Chor der Erynnien (Le chœur des Érynies), « une œuvre en prose complexe et d'une beauté énigmatique sur les menaces de la nature intérieure et extérieure » (radio SWR), et plus récemment, en 2025, la légende en vers Die Winterschwimmerin (La nageuse d'hiver), une œuvre rimée à la composition musicale qui cherche à réconcilier par la poésie le conflit entre l'esprit et la nature. Elle a reçu de nombreux prix prestigieux pour ses écrits. En 2019, elle a été nominée pour le Man Booker International Prize (shortlist) pour Die Kieferninseln (The Pine Islands). En 2021, elle reçut le Prix littéraire de Brême pour son recueil de poésie Nimbus et, la même année, le Prix de l'essai Wortmeldungen. En 2023 elle fut honorée par le prix Joseph Breitbach pour l'ensemble de son œuvre.
Jean-Michel REYNARD
Née en 1969 à Zweibrücken, ayant publiée de nombreux recueils de poésie (par exemple Champagner für die Pferde [Champagne pour les chevaux]) et essais (par exemple Risiko und Idiotie [Risque et idiotie]), elle ne craint ni l'intelligence ni l'humour. Elle apprécie la collaboration avec d'autres arts et auteurs comme en témoignent ses traductions du hongrois en collaboration avec Orsolya Kalász. Depuis 2023, elle est professeure à la KHM (École supérieure des arts médiatiques de Cologne). Elle est membre du PEN DeutschlandAllemagne et Berlin, de l'Académie des arts de Berlin et de l'Académie allemande de langue et de poésie. Elle a reçu plus de distinctions qu'il n'est possible d'énumérer en trois lignes (31), dont récemment le prix Friedrich Hölderlin 2022. Son dernier livre de poèmes, Höllenfahrt & Entenstaat [Voyage d'enfer et état de canards], publié en 2024 chez Kookbooks Berlin, traite du trafic automobile.
Monika RINCK
Geb. 1969 in Zweibrücken. Veröffentlichte zahlreiche Gedichtbände (z.B. Champagner für die Pferde) und Essays (z.B. Risiko und Idiotie), scheut weder Klugheit noch Komik. Sie schätzt die Zusammenarbeit mit anderen Künsten u. Autoren, so auch in ihren Übersetzungen aus dem Ungarischen zus. mit Orsolya Kalász. Seit 2023 ist sie Professorin an der Kölner Kunsthochschule für Medien (KHM). Sie ist Mitglied des PEN Deutschland u. Berlin, der Akademie der Künste Berlin u. der Deutschen Akademie für Sprache und Dichtung u. erhielt mehr Auszeichnungen als in 3 Zeilen passen (31), zuletzt den Friedrich-Hölderlin-Preis 2022. Ihr jüngster Gedichtband Höllenfahrt & Entenstaat erschien 2024 bei Kookbooks Berlin u. handelt vom Autoverkehr.
Kathrin RÖGGLA
Né en 1971 à Salzbourg, écrivaine autrichiene, écrit de la prose, des essais, des pièces radiophoniques et de théâtre et est considérée comme une auteure éminemment politique. Elle n'hésite pas à recourir au comique, travaille de manière expérimentale et critique de la langue en utilisant des méthodes documentaires telles que l'oralité de l'écriture et développe ainsi son style propre et unique. Elle a reçu plus de récompenses que ce que l'on peut résumer en trois lignes (31), est membre du PEN Alle,magne et Berlin, de l'Académie allemande de langue et de littérature et de l'Académie des arts de Berlin dont elle a été vice-présidente de 2012 à 2024. Depuis 2020, elle enseigne l'écriture littéraire à l'Université des arts médiatiques de Cologne (KHM). En 2025, son recueil d’essais Rien entendre. Rien voir. Rien dire. est publié chez Fischer.
Claude ROYET-JOURNOUD
Né à Lyon le 8 septembre 1941. Auteur de deux tétralogies, l’une chez
Gallimard, l’autre chez P.O.L. A dirigé plusieurs revues ainsi que deux
anthologies de poésie américaine avec Emmanuel Hocquard.
(Sa contribution au Numéro 4 de UN BUREAU SUR LE RHIN est une page issu de son livre Théioie des prépositions.)
Gerhard RÜHM
Né en 1930 à Vienne, compositeur et poète autrichien, co-fondateur du Groupe de Vienne dont l'approche fut expérimental et critique de la langue en opposition au conservatisme traditionaliste en Autriche qui avait suivi la dévastation culturelle de l'ère nationale-socialiste. Depuis le début des années 1950, Rühm produit des poèmes sonores, des poèmes numériques, des partitions parlées, de la poésie visuelle, des photomontages et des objets de livres, ainsi que des œuvres de poésie expérimentale pour deux voix qu'il interpréta avec sa femme Monika Lichtenfeld (1938-2023). De 1972 à 1996 professeur à l'Université des Beaux-Arts de Hambourg, depuis 1978 membre de l'Académie Libre des Arts de Hambourg. Parmi de nombreuses récompenses : le Grand Prix d'État autrichien de littérature (1991), Prix Karl Sczuka de radiophonie (1977 et 2015), le Americain award in literature (2022). Vit à nouveau à Vienne depuis 2023.
Robert SCHINDEL
Né en 1944 à Bad Hall près de Linz en Autriche, est poète et auteur de romans et d'essais. Enfant de communistes juifs à Vienne, il a survécu au nazisme. Il a été après 1968 porte-parole du mouvement étudiant radical Kommune Wien et cofondateur de la revue littéraire Hundsblume [Fleur de chien]. La Shoah et son rapport ambivalent à Vienne et à l'antisémitisme qui y persiste jouent un rôle central dans ses œuvres. En 2009, il a été nommé professeur à l'Université des arts appliqués de Vienne. Ses romans et poèmes sont publiés depuis 1986 aux éditions Suhrkamp, le dernier en date étant le recueil de poèmes Flussgang, paru en 2023. Il a reçu de nombreux prix, dont le prix Erich Fried (1993), le prix Eduard Mörike (2000) et le prix de littérature de la ville de Vienne (2003). En 2024, il a été honoré avec Prix autrichien des Arts de la Littérature.
Brigitte STRUZYK
Née en 1946 à Steinbach-Hallenberg (Thuringe), elle grandit et est socialisée en RDA. Après une formation d'ingénieure agronome, elle étudie les sciences théâtrales et travaille comme dramaturge et assistante à la mise en scène. De 1970 à 1982, elle est lectrice au éditions Aufbau-Verlag, puis commence à travailler comme écrivaine indépendante au milieu des années 70, interrompue seulement par son activité au service d'urbanisme de l'arrondissement berlinois de Pankow après la réunification allemande. Elle reçoit plusieurs distinctions pour son travail, notamment le prix Lion-Feuchtwanger (1991) et la nomination au poste de chroniqueuse de la ville de Rheinsberg en 2004. Son dernier recueil de poèmes, Gegengewichtshebewerk [mécanisme de levage du contrepoids], a été publié en 2024 aux éditions Urs Engeler Verlag Berlin/Schupfart.
Jean TORTEL
Né en 1904 à Saint-Saturnin-les-Avignon, décédé en 1993 à Avignon, il fut poète et essayiste. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il participa à l'aventure éditoriale des Cahiers du Sud de 1934 à 1966. Une référence pour nombre de ses contemporains plus jeunes que lui, on compte parmi ses publications importantes : Villes ouvertes, 1965 ; Relations, 1968 ; Limites du regard, 1971 ; Instants qualifiés, 1973 ; Didactiques, 1978 ; Des corps attaqués, 1979 ; Les Solutions aléatoires, 1983 ; Arbitraires espaces, 1986 ; Les saisons en cause, 1987. Il obtint le Prix national de la poésie en 1986. Outre son œuvre poétique, il a écrit des essais sur Maurice Scève, poète de la Renaissance qu'il admirait, sur Francis Ponge et sur Guillevic.
Pauline VON AESCH
Née en 1988 à Créteil, publie son premier livre, Nu compris, aux édtions NOUS, ses premiers textes paraissent dans la revue Ligne 13 dirigée par Francis Cohen et Sébastien Smirou, puis elle publiera dans la revue K.O.S.H.K.O.N.O.N.G dirigée par Jean Daive et publiée par Éric Pesty éditeur. En juin 2025 paraît son magnifique livre Mon antérieur visage chez Éric Pesty éditeur et Une partie de mon prénom aux Éditions Série discrète.
Leopold VON VERSCHUER
Né en 1961 à Bruxelles, traducteur de l'allemand vers le français et vice-versa, notamment de Valère Novarina depuis 1995, mais aussi de textes d'Alvaro García de Zúniga, Mariette Navarro, Diogène Ntarindwa, Jean Daive, Olivier Py, Céline Arnault, Francis Cohen, Boris Charmatz. À partir de mai 2025, il dirigera avec Francis Cohen la revue poétique franco-allemande UN BUREAU SUR LE RHIN * EIN BÜRO AUF DEM RHEIN auquel il contribuera à raison de 3 poèmes français contemporains traduits en allemand et de 3 poèmes allemands contemporains traduits en français.
(voir aussi ARTISTES )
Alexander WEINSTOCK
Né en 1983 à Oberhausen, il a mené des recherches et enseigné dans différentes universités à la croisée de la littérature et des sciences théâtrales. Parallèlement, il a travaillé comme auteur et dramaturge. Aujourd'hui, il se consacre principalement au théâtre et à la littérature. Il écrit des textes scéniques et lyriques qui ont été publiés dans de nombreuses anthologies et revues. « Die Gefährdung der Jugend » (La mise en danger de la jeunesse), publié aux éditions Edition Neje Tieden, est son premier livre de poèmes. « Avec une fine sensibilité pour les frictions interpersonnelles, les poèmes racontent les rites de l'adolescence et leur tragicomédie. Ils montrent Alexander Weinstock comme un portraitiste avisé des marginaux et des ours polaires, comme un voyageur dans le temps et un touriste de la Bay Area, avec le sourire mélancolique de celui qui cherche quelque chose et trouve tout autre chose. » (Librairie KLaus Bittner)